Je caresse ta peau et tout s’arrête autour,
Le temps, la pluie, la peur, les chiffres de l’horloge,
S’effacent du cadran, on dirait de l’amour,
Ce petit sentiment dont nous faisons l’éloge.
Ma main – et mon aura – se baladent partout
Sur les murs de la sphère où nous rêvons de mort,
Et dans le creux profond de nos ombres de fous,
Nous regardons pousser les fleurs des mandragores.
Je longe les parois de ton si joli crâne,
Et derrière tes yeux, derrière ton chagrin,
Je reviendrai mâcher un peu de valériane,
Mon sommeil sera lourd, et mon rêve serein.
La vie semble parfois ne plus vouloir de nous,
Au bord du précipice, on attend la glissade,
Les mailles du filet se resserrent d’un coup,
On accepte le sort, et notre esprit s’évade.
Je caresse ton âme et dévore ton corps,
Les portes d’un jardin resté inexploré,
Vont s’ouvrir devant moi, car tu sais que j’explore,
Les terres inconnues, ô sensualité.