Exvagus

Il fait si sombre ici, dans cette chambre humide,
Tout devient haletant, il fait si chaud ici.
Sensible et voyageur, terrien si intrépide,
Je suis encore en train de transpercer la nuit.

Le regard affamé, et le cœur assommé,
Je nage à bras perdus pour regagner la berge,
Je reviens de là-bas, d’un monde dépeuplé,
Où les insomnies et les étoiles convergent.

Je frotte mes pensées aux parois de la sphère,
En fait je tourne en rond, comme chaque mouton,
Quelqu’un pourrait racler les murs de ma carrière,
Et reconstituer mes songes, mes bas-fonds.

Je l’ai souvent croisé, aux bornes de l’éveil,
Le pointeur de mes nuits, c’est cet homme sans ombre,
Qui court pour m’attraper, crucifier mon sommeil,
Et poursuivre mon âme au cœur de la pénombre.

Il me crie froidement : « mais vous rêvez encore ».
Je continue ma route, elle n’attend que moi,
Et j’entends devant moi les sanglots, les remords,
Qui errent au plafond de mes anciennes joies.

Un vent glacé. Je passe entre les effigies,
De tous mes compagnons, je traverse mes peines,
Et je viens m’écrouler face à mon ennemi,
La lumière assaillante et la peur souveraine.

Il fait si froid ici, dans ce cachot meurtri,
Il se tient debout, droit, le regard de velours,
Le pointeur de mes nuits marche vers moi et dit,
Comme pour m’apaiser « mais vous rêvez toujours ».

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