Souveraine

Je fixe ton regard, et je baisse les yeux,
Quel insolent je fais, moi, le présomptueux,
D’avoir cru un instant que je pouvais ainsi,
Me mesurer à toi, te lancer ce défi.

Mais c’est les yeux fermés qu’enfin je t’aperçois,
Lorsque je veux te fuir, je te retrouve en moi,
C’est alors que tu fais le siège de mon âme,
Face à toi, mes soldats doivent rendre les armes.

Tu pilles mes trésors, tu brûles mes domaines,
J’implore ton pardon, ma douce Souterraine,
Laisse-moi m’abaisser aux pieds de ta statue,
Ma dignité se meurt, et pour toi je me tue.

Mais quand enfin mon cœur cloué sur une croix,
Se soumet humblement après tant de combats,
Tu t’éloignes au galop, toi, ma féroce Reine,
En me laissant ainsi prisonnier de tes chaînes.

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