Quelques souvenirs à l’odeur froissée,
Raniment la flamme et en même temps,
La chaleur flottante et destituée,
De mes vieux soupçons aujourd’hui fuyants.
Et j’entends parler le psychanalyste,
Qui vient maintenant disséquer mon âme,
Je veux simplement être sur la liste,
Des acteurs du monde et de tous les drames.
Je vais donc laisser libre cours aux rêves,
Car je crois en eux, en leur thérapie,
Les vieux comédiens guettant la relève,
N’ont jamais cherché à défier la vie.
Je vais m’attacher à une intuition,
Bien que peu fondée, elle deviendra,
L’essence infinie de mes pulsations,
Le rythme endiablé de ma bonne aura.
Je fuis l’ennemi qu’on nomme souvent,
Réalité, oui, cet étrange roc,
Qui se fortifie, attend patiemment,
Mon premier faux pas pour briser le bloc.
Je m’efforcerai d’éviter les pièges,
Et je trouverai, peu importe quand,
Ma place parmi l’immense cortège,
Des rêveurs suçant la vie librement.
Le vieux sorcier et sa formule humaine,
S’arrache mes sens, il veut annexer,
Mon esprit et moi, j’arbore la haine,
Que j’ai entrevue dans ses yeux glacés.
Il ne vit que pour ma fragilité,
Mon âme est intacte, il veut la poursuivre,
Il a épargné mon cœur ébranlé,
A cœur ouvert donc, il me reste à vivre.