A tous les créateurs.
Oh ! Commun des mortels,
Je consomme l’enfer, jusqu’au dernier soupir,
Je rampe sous le fer rouge de l’irréel,
Je consume l’effort qui me pousse à mûrir,
Quand le rêve m’appelle.
Feux du ciel ou peut-être artifices du vent,
Feront tomber un jour les murs de Babylone,
Et nous irons là-bas, là où chantent les gens,
Et nous vivrons là-bas, là où dansent les nonnes,
Quand le rêve les prend.
Le temps a ralentit, l’horloge s’est figée,
Et les chiffres gommés, il me tarde de voir,
Le sommet des plaisirs, j’aimerais y planter,
Le drapeau déchiré de mon immense espoir,
Car le rêve y est né.
Les esprits sont scellés, les membres ligotés,
Les désirs et l’envie placés en quarantaine,
J’embrase ma furie à coup de liberté,
J’embrasse ma folie quand d’une voix soudaine,
Le rêve est dérobé.
A tous les magiciens.
Conflit après conflit,
Silence après silence, Ô illusions de l’âme,
Je me perds chaque jour, je m’égare la nuit,
Dans vos courants douteux, il me faut donc les rames,
Quand le rêve faiblit.
Mélange des couleurs, harmonie des rayons,
Et les ombres du cœur s’amusent à couvrir,
Les manques de nos vies et nos songes de plomb,
Les fous aiment les fleurs, j’irai leur en offrir,
Quand viendra la saison.
Nul n’a encor sondé le fond de mes abîmes,
Le gouffre de mon âme, ô noirceur vengeresse,
C’est donc pour cela que j’ai écrit les Sublimes,
Je dois me préparer à goûter la jeunesse,
Quand le rêve m’anime.
Je cherche un pieu pointu pour transpercer la peur,
Elle rugit en moi pour la dernière fois,
Je dois prier mon corps d’éviter la douleur,
Pour pouvoir m’envoler quand d’un long souffle froid,
Le rêve prend mon cœur.
A tous les nouveau-nés.
Ô destinée meurtrie,
Je consomme l’enfer, jusqu’au dernier danger,
Je rampe sous le fer rouge de l’utopie,
Je consume l’effort qui me pousse à changer,
Quand le rêve périt.